

Thibaud IV, comte de Champagne et roi de Navarre revient en 1240 d’une croisade qui ne lui a pas permis d’atteindre les Lieux Saints, mais il rapporte Rosa gallica officinalis qu’il fait cultiver à Provins, d’où son nom de « rose de Provins ».
Puis ce sont les rosiers de Damas qui sont rapportées des croisades. Ils sont de deux sortes, les précoces, hybrides de Rosa gallica × Rosa phoenicia et les tardifs, hybrides de Rosa gallica × Rosa moschata
À la fin du XVIe siècle, d’une part Rosa foetida vient de Perse en Europe, et d’autre part les rosiers d’Europe arrivent en Amérique du Nord où existent Rosa virginania, Rosa carolina et Rosa setigera. Jusque-là les mutations et les hybridations sont spontanées. Ainsi, au XVIIe siècle, une mutation de Rosa gallica fait apparaître les « roses à cent feuilles », Rosa centifolia, dont une mutation au XVIIIe siècle donne les « rosiers mousseux » (Rosa moschata).
Dans l’Histoire générale des plantes de John Gerard, publiée en 1633, ne sont mentionnées que 18 sortes de roses, rouges, roses et blanches (Rosa ×alba) et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle il n’existait en Europe et dans le pourtour méditerranéen qu’une trentaine d’espèces.
En 1781, arrive en Europe la Rosa chinensis ou ‘Old blush’, puis la
forme rouge ‘Bengal rose’. Ce ne sont pas des espèces sauvages, mais des roses déjà cultivées dans les jardins de Chine, sélections de Rosa chinensis ou hybrides de Rosa
chinensis × Rosa gigantea auxquelles va s’ajouter un Rosa chinensis jaune, ‘Park’s Yellow Tea-scented China’ en 1824. Leur croisement avec les rosiers d’Europe va
faire apparaitre des centaines de roses nouvelles.

C’est la duchesse de Portland qui obtient le premier croisement avec un rosier de Chine rouge : les « rosiers Portland » sont nés. Dans le même temps, en Louisiane, le croisement d’un rosier musqué et d’un rosier
de Chine donné par Louis Claude Noisette est à l’origine des « rosiers
Noisette » (‘Blush Noisette’, ‘Madame Alfred Carrière’). Et à La Réunion le croisement du Rosa chinensis ‘Old blush’ et d’une rose de Damas tardive ‘Quatre Saisons’ signe l’arrivée des « rosiers Bourbon » (‘Zéphirine Drouhin’, ‘Souvenir de la
Malmaison’).
Entre 1803 et 1814, Joséphine de Beauharnais envoie des botanistes à travers le monde pour enrichir la collection de sa roseraie de la Malmaison qui rassemble plus de 242 cultivars dont 167 roses galliques. Malgré le blocus, le pépiniériste John Kennedy traversait la Manche pour la fournir
en roses. Sa roseraie comprenait des gallica, des moschata et des damascena, mais aussi des chinensis et de nouvelles espèces. Les collections de la Malmaison
ont été un trésor pour les pépiniéristes français. Leur catalogue de 1791 comportait 25 espèces, celui de 1829 en comptait 2562 dont beaucoup sans grand intérêt ont rapidement disparu.
Au XIXe siècle, le croisement des rosiers de Chine, de Bourbon, Portland et Noisette permet la création des rosiers « modernes ». En 1858, a lieu, grâce au pasteur Hole, un passionné des roses, la première exposition nationale des roses d’Angleterre. En 1867, Jean-Baptiste Guillot crée ‘La France’, le premier buisson à grandes fleurs ou « hybride de thé ».
Dans le même temps, de Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIe siècle, sont créés par hybridation les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les « floribunda ».
La Société française des roses est fondée à Lyon en 1886. Elle édite encore sa revue, Les Amis des roses.
Le XXe siècle voit la gloire des rosiers buissons à grandes fleurs avec les créations de Georges Delbard, de Meilland (‘Peace’ ou ‘Madame Meilland’), de Griffith Buck. Puis David Austin, en croisant les galliques et les Damas à des roses modernes crée les « roses anglaises » qui allient les caractères des roses anciennes à la « floribundité » des roses modernes.
La rose est la fleur des rosiers, arbustes du genre Rosa et de la famille des Rosaceae. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués qui lui donnent sa forme caractéristique.
Appréciée pour sa beauté, célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains, pour ses couleurs qui vont du blanc pur au pourpre foncé en passant par le jaune franc et toutes les nuances intermédiaires, et pour son parfum, elle est devenue la « reine des fleurs », présente dans presque tous les jardins et presque tous les bouquets. C’est sans doute la fleur la plus cultivée au monde, mais on oublie souvent que les rosiers sont aussi des plantes sauvages (le plus connu en Europe est l'églantier) aux fleurs simples à cinq pétales, qui sont devenus à la mode, pour leur aspect plus naturel, depuis quelques décennies sous le nom de « roses botaniques ».
Les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs siècles de transformations d’abord empiriques, puis, dès la fin du XVIIIe siècle, méthodiques, en particulier par l'hybridation. Les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde.
Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l'âge du bronze.
Hérodote a rapporté que le roi Midas, au VIe siècle av. J.-C., quand il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de rosa canina, cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l’intensité du parfum de la rose de Cyrène.
Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle décrit 20 sortes de rosiers nommés par le nom de leur lieu de provenance. Il les décrit, ce qui permet des suggestions d’identification :
Ainsi du VIe siècle av. J.-C. au IIè siècle durant toute cette période de domination grecque puis latine, les roses ont circulé de Perse en Angleterre, de Grèce en Egypte.
Sur le Moyen Age, il y a peu d’informations : au VIe siècle , les couvents cultivaient des roses, le roi Childebert Ier avait une roseraie (des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés. Et au VIIIè siècle dans son Capitulaire De Villis, Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Au XIIè siècle à la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés Rosa rubigina, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa xalba.
Bien que les fleurs en général, et la rose en particulier,se prêtent mal à des utilisations permanentes,
il existe différentes techniques de naturalisation qui permettent de la rendre plus ou moins "immortelle".
Suivant l'utilisation prévue, il faudra utiliser une ou plusieurs de ces techniques :
- Le séchage: c'est une étape essentielle, le plus grand ennemi de la fleur séchée est l'humidité. Cette opération
doit être réalisée à une température précise, régulée, pendant une période prolongée qui permettra d'éliminer toute
trace d'eau sans toutefois cuire la rose ou altérer sa couleur; la rose séchée est fragile et délicate à manipuler.
- La fixation de la couleur naturelle, ou son amélioration: faute d'une fixation efficace, la couleur va se dégrader
dans le temps, sous l'effet de la lumière, de l'humidité ambiante (voir plus haut), de la poussière...les roses
ne supportent pas l'application de peinture ou autres enduits d'application de surface; il est donc nécessaire d'utiliser
des techniques développées par les horticulteurs;
- La naturalisation, par vernissage, inclusion ou vitrification: la fleur séchée ne supporte qu'un nombre réduit de
produits de vitrification; à quoi il faut ajouter des applications de protections anti-UVs, nécessaires au maintien
de la teinte dans le temps.Il faudra faire un compromis entre la solidité de la fleur naturalisée, et sa délicatesse.
Les applications sont nombreuses et variées: utilisation de la rose naturalisée sur une monture de bijouterie,
bouquets de fleurs séchées, décorations murales, tableaux en relief, etc.
Les pétales de roses peuvent parfumer du sucre, un thé, être la base de liqueurs, de confitures, l’eau de rose peut servir à parfumer des gâteaux, des bonbons. Les cuisines du pourtour de la Méditerranée et de l’Orient, arabe, perse, turque mais aussi indienne, utilisent beaucoup la rose.
L’eau de rose parfume gâteaux et friandises, des spécialités comme les loukoums à la rose sont très renommées.
Les pétales servent de base à de nombreuses préparations :
En France, la capitale de la confiserie à la rose est Provins, dont les principales spécialités sont la confiture de
pétales de rose, le miel à la rose de Provins, les bonbons à la rose. En Iran, la récolte des pétales de rose a lieu tous les ans à la même époque à Qamsar, à proximité
de Kashan.
C’est aussi un prénom très répandu en Europe et en Amérique latine (Rosa et Rosita), tout comme ses dérivés, Rosalie, Roseline, Roselise, Rosemonde, Rose-Marie et Marie-Rose, et popularisé notamment par les saintes Rose de Viterbe et Rose de Lima (patronne de l’Amérique latine).
De plus, le mot rose a été fréquemment employé de façon métaphorique, le plus souvent à cause de la forme de la fleur.
C’est notamment le cas en botanique, où de nombreuses plantes portent le nom vernaculaire de « roses » pas toujours mérité :
la rose trémière, ou rose papale, Alcea rosea, est une plante de la famille des
Malvaceae ;
la rose de Noël est le nom imagé de l’hellébore noir (Helleborus niger L.) de la famille des Ranunculaceae ;
la rose des Alpes, autre nom du Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum L.), famille des Ericaceae ;
la rose de serpent, Helleborus foetidus, également de la famille des Ranunculaceae ;
la rose d'Inde est un tagète (Tagetes erecta L.), appartenant à la famille des Asteraceae (Composées) ;
la rose de Jéricho s'appelle Selaginella lepidophylla, famille des Brassicaceae (Crucifères) ;
la rose de Chine, Hibiscus rosa-sinensis, famille des Malvaceae ;
la rose des eaux, Nymphaea alba L., famille des Nymphaeaceae ;
la rose du ciel, Silene coelirosa, famille des Caryophyllaceae ;
la rose de Notre-Dame, Paeonia officinalis L., famille des Ranunculaceae ;
la rose de porcelaine, Etlingera elatior, famille des Zingiberaceae ;
le bois de rose n’a rien à voir non plus avec la rose, et s’applique à deux espèces distinctes : d’une part Dalbergia variabilis, apparenté aux palissandres et utilisé en ébénisterie ; de l’autre Aniba rosaeodora, Lauraceae utilisée surtout en parfumerie.
Parmi les autres emplois métaphoriques de la rose, les plus connus sont :
la rose des vents, terme apparu au XVIIe siècle et désignant une étoile à trente-deux divisions correspondant aux trente-deux aires du vent sur la boussole ;
la rose des sables, agglomération de gypse de couleur jaune ou rose trouvée dans certains déserts (on l’appelle aussi rose du désert).
La rose est la fleur dont la culture se développe le plus au plan mondial. Elle est produite principalement aux Pays-Bas, en Espagne, en Israël, au Kenya[20], en Équateur et en Colombie. En France, seuls 300 hectares sont alloués à la culture de la rose, principalement dans le Var.
L’essence de rose est obtenue soit par distillation, procédé qui permet d’utiliser le résidu sous forme d’eau de rose, soit par enfleurage, technique consistant à capter l’essence grâce à de la graisse, dont on extraira ensuite la « concrète », puis l’« absolue ».
La fragrance caractéristique de l’huile essentielle de rose émane de la β-damascénone, sa composante principale. Elle renferme également de la damascénone, de la β-damascone, de la β-ionone ainsi que des dérivés terpéniques, en l’occurrence l’oxyde de nérol et l’oxyde de rose.
Les deux espèces les plus cultivées pour cet usage sont Rosa damascena, ou rose de Damas, et Rosa centifolia,
longtemps cultivée à Grasse sous le nom de « rose de mai ». Il faut cependant savoir qu’aujourd’hui on dispose de nombreuses « copies » synthétiques qui
permettent de se passer d’essences naturelles.
Sirop rosat, sucre rosat, miel rosat étaient très utilisés au Moyen Âge pour soigner les maux de tête et les lourdeurs d’estomac. Et l’eau de rose s’utilisait en onguent et en collyre. Jusqu’au XVIIIe siècle on a beaucoup utilisé les collyres à l’eau de rose. Et aussi le sirop à la rose, les compresses de pétales de roses, les décoctions de roses rouges, le vinaigre de roses en cas de migraines, le miel de rose pour les maux de gorge et les aphtes.
Depuis l’Antiquité, la parfumerie a toujours fait un grand usage de la rose, soit en soliflore (la rose constitue l’essentiel du parfum), soit comme note de cœur associée à d’autres essences dans les parfums dits floraux, et plus généralement dans près de la moitié des parfums féminins.
L’eau de rose est connue pour son pouvoir adoucissant, en particulier pour les soins du visage et de nombreux produits de beauté utilisent de la rose, à la fois pour son parfum et son effet adoucissant : crèmes démaquillantes, masques, crèmes, lotions, huile essentielle dans les huiles de massage, eau de rose pour les bains, comme lotion ou pour parfumer l’eau des ablutions.
L’eau de rose est aussi utilisée pour purifier les mosquées, en particulier si elles ont été souillées par les chrétiens.